Exposition

Benjamin Caillaud

IDENTITE : Benjamin Caillaud, agitateur Français depuis 1979.
CALIBRE : Européen, 190 cm, 100 Kg, cheveux brun, yeux marrons.
PORT D'ATTACHE : Charente-Maritime.
SIGNES PARTICULIERS : oeil vif,  jambes solides, langue hypermusclée.
ACTIVITES : photographe indépendant, thésard en histoire contemporaine.
ENVIES : célébrer les Hommes et révéler leurs errances par la photographie.
QUALITES :  curiosité, sourire, ironie, empathie, sensibilité, conscience, liberté.
TERRAIN DE JEUX FAVORI : les banlieues du Spectacle.
SOUTIEN LOGISTIQUE : les mots ; les Autres, amis d'un jour ou de toujours.

Courrier électronique : caillaudb@yahoo.fr
site internet : http://www.benjamincaillaud.fr

Intrigué et enthousiasmé par la candidature de Barack Obama, j’ai trouvé à la fin de l’hiver 2008 les financements nécessaires à un séjour prolongé aux Etats-Unis pour suivre la Campagne Présidentielle Américaine.

Bénéficiant dès lors de quelques soutiens, je débarque à Denver le 23 août pour la Convention Démocrate. Convaincu de son destin, je tente alors, avec mon seul sac à dos et quelques poignées de dollars en poche, de suivre au plus près la campagne du sénateur de l’Illinois jusqu'au jour du scrutin.

De Washington DC à la Floride, de Nashville à Chicago en passant par la Caroline du Sud ou la Virginie, commence alors une incroyable et inattendue aventure en image.

Sans carte de presse, sans le soutien logistique d’aucune organisation et découvrant pour la première fois les USA, je me glisse dans les réunions de campagne publiques des deux partis et dans quelques soirées privées ; je m’invite chez les supporters du candidat Démocrate et dans ses QG locaux de campagne.

J’obtiens des accréditations à la dernière minute, rencontre -le jour de mon anniversaire !- Barack Obama, joue de mon accent français pour fluidifier mes relations avec les services de sécurité et je m’adresse à tout le monde, des plus démunis qui partagent parfois ma route à la future Secrétaire d’Etat.

Heureusement, je jouis d’une chance insolente et sais compter sur la générosité et la bienveillance des Américains ou des Français expatriés que je croise sur mon chemin, rendant plus belle et plus chaleureuse encore cette singulière entreprise.

Je joue, sans son talent et sa rigueur, à Alexis de Tocqueville. Entre mes prises de vue, je passe certaines de mes nuits au Lincoln mémorial à Washington, traverse l’Amérique profonde en bus, flirte dans les plus hauts étages des gratte ciels de Chicago ou de New York, m’enivre de la fièvre des militants, parle des heures et des heures au cours de barbecues organisés dans des banlieues proprettes, marche sur les plages du Sud baignées de certitudes en sursis, m’installe au fond des bars où les guitares électriques ou folk hurlent ou chuchotent leur envie et leur droit d’expression. Mes images tentent de mettre en avant ces moments d’Histoire partagés et auxquels je suis chaque jour si merveilleusement convié.

Au delà des attendus et enthousiasmants meetings populaires, tous plus impressionnants et époustouflants, je souhaite montrer le travail réalisé au quotidien par des militants volontaires et par de simples citoyens aspirant au changement.

Cette galerie ne présente pas mes clichés des grandes figures du scrutin. Pas ou peu de mes photo de Joe Biden, hilare ou sérieux, de Michelle dans les bras de Barack, pas de clins d’œil amusé du candidat. Je suis parti aux USA avec l’envie de mettre en valeur ses citoyens ordinaires, acteurs essentiels de l’Histoire. Cependant, comment ne pas se laisser emporter par les lumières du manège dans un pays où le spectacle ne s’arrête jamais.

A défaut d’accès aux coulisses et encadré par la carrure des agents du Secret Service, je plonge avec bonheur dans les rassemblements populaires. C’est avec une volonté résolue de photographier les banlieues du spectacle que j’arme chaque jour mes boîtiers. Je cherche alors à immortaliser les arrières plans de cette campagne, au sens propre comme au sens figuré. J’essaie de conserver ma lucidité sur ce pays si inégalitaire et de jeter mon humour et mon ironie sur les actes d’une pièce parfois trop bien écrite.

Néanmoins, ne connaissant pas de répit et porter par la ferveur électrique des foules, je me laisse aspirer par l’extraordinaire charisme de Barack Obama. Anesthésiant passagèrement ma raison, son personnage prive quelques temps mon travail de toute pertinence. Heureusement, ce sentiment laisse place rapidement à une admiration plus objective pour le candidat et mon attention retourne aux vrais héros qui signent mon écriture photographique : les anonymes de l’Histoire.

Pour mieux appréhender les réalités d’une Nation complexe et en mouvement permanent, je me rends aussi dans les rassemblements Républicains où le personnage de Sarah Palin transporte ses supporters à la grande stupeur de bien des observateurs.

C’est ivre de sentiments et de sensations que je participe à la communion d’une Amérique réunie autour du Président élu et de ses proches le 4 novembre 2008 à Grant Park.

L’élection de Barack Obama par le peuple des Etats-Unis d’Amérique donne au monde, et surtout à notre Europe toujours et encore tentée par ses dérives autoritaires, un exemple formidable de la vitalité du système démocratique perpétuant ainsi l’idéal de ses fondateurs.

Les personnes qui m'en feront la demande pourront avoir accès à l’ensemble des légendes détaillées de ce reportage.